Ce fléau qui s'attaque principalement aux cultures de chrysanthèmes a déjà fait des ravages très
importants dans ce type de culture en 2007 avec une contamination très virulente dans les exploitations
atteintes.
2008 a vu réapparaître cette calamité avec parfois encore plus de violence et a nécessité dans bien des
cas l'élimination complète des cultures atteintes, il faut donc être très vigilent et surveiller ses cultures avec
beaucoup d'attention, le mieux d'ailleurs pour éviter un tel ennemis est de traiter préventivement ses cultures
contre cette menace.
Il s'agit de PUCCINIA HORIANA, une maladie cryptogamique très imprévisible et qui dépend bien
souvent d'un climat bien particulier comme celui que nous subissons depuis 2-3 ans, c'est à dire, trop
couvert, donc peu de luminosit
é, forte humidité
atmosphérique et température de l'air étouffant (ces
conditions étant très propices au développement de cette rouille).
Comment la détecter ?
Des taches vert pâle à jaunâtre apparaissent à la face supérieure des jeunes feuilles alors qu'a la face
inférieure on découvre des pustules cireuses jaune clair ou rosâtres.
Peu à peu, les taches de la face supérieure défoncent l'épiderme et les pustules du dessous des feuilles
grossissent, deviennent proéminentes et de couleur blanche.
On ne peut se tromper de diagnostic car les critères d'identification sont très particuliers comme la
couleur et la grande prolifération des taches. A maturité, les taches prennent une couleur ocre clair et
deviennent pulvérulentes puis se nécrosent, les feuilles attaquées (souvent toute la plante d'ailleurs),
flétrissent et se dessèchent complètement.
Si vous êtes victime de ce fléau, il faut absolument éliminer les plantes, les brûler, ne garder aucune
souche et si possible pratiquer l'assolement pour les années suivantes afin d'éviter la récidive.
Moyens de lutte :
Avant tout, choisir les variétés les plus résistantes à cette maladie, choix difficile car des cultivars
ayants été défini comme résistants se sont vu contaminés l'année suivante des tests réalisés, ce n'est donc pas
une assurance infaillible au départ et il n'y a actuellement pas encore de variétés vraiment définies comme
totalement résistantes, les moins sensibles parmi des variétés testées sont : « Floréol » ( or, orange),
« Tardo » (bordeaux, violet, rose vif et cuivre), « Fiocco' Urzt » (jaune, jaune fonçé, blanc, orange clair),
« Grosso » (orange vif) « Wagner » (rose) « Piercé' 'Satre » (jaune fonçé), « Chopin » (violet), « Sergé »
(orange), mais il reste encore des vérifications à faire et d'autres cultivars seront testés dans les prochaines
années pour compléter les infos et les listes.
La rouille blanche est une maladie soumise à la législation européenne mais seulement pour les piedsmères
et les jeunes plants, elle ne concerne donc pas encore les cultures proprement dites.
Des plantes saines peuvent soudainement attraper la maladie, principalement au moment de
l'obscurcissement, pendant les cultures à partir de fin août et durant tout l'automne ainsi qu'a l'approche de la
floraison tant que les plantes sont à l'extérieur. Le temps humide et frais ou un feuillage humide à partir de
16-17° C sont très propices à la propagation de la rouille blanche.
Il faut cultiver large et donner les arrosages le matin afin que les plantes soient séchées le soir car la
maladie se propage beaucoup plus vite dans l'obscurité.
Si vous devinez un risque, si petit soit-il, traitez vos cultures de chrysanthèmes préventivement une
fois par semaine avec un fongicide foliaire à base de krésoxim-méthyl ou mancozebe.
Si vous détectez l'un ou l'autre symptôme de la rouille blanche, il faut passer à un fongicide foliaire
curatif à base de bitertanol, myclobutanil ou triazoles qui agissent contre la germination des spores. Alternez
les familles chimiques comme triazoles, strobilurines, dithiocarbamates, pour éviter
toute accoutumance ou
résistance.
Pour des cultures en container par exemple, celles réalisées sur sol sec, bétonné ou bitumé semblent
moins touchées par la maladie.
Il est très salutaire de traiter préventivement les jeunes plantes dès leur réception car la maladie peut
provenir des cultures des pieds-mères chez les multiplicateurs.
Une précaution à ne pas négliger est de se limiter à un fournisseur de jeunes plants auquel vous avez
entièrement confiance au niveau sanitaire et dont la réputation est reconnue.
N'oublions pas les autres ennemis du chrysanthème qui par leurs piqûres ou morsures,
ouvrent les
portes aux spores de la rouille blanche.
Par exemple :
- les pucerons qui sans en avoir l'air, sont les plus compliqués à combattre, il faut bien les
connaître et utiliser des produits peu persistants pour éviter les résistances et alterner les
matières actives( Bifenthrine, Cyperméthrine, Pyrmétrozine, Propiconazole,
Dicofol),
attention, les pyréthrinoïdes de synthèse perdent leur efficacité à partir de 25° C.
- Parfois aussi des acariens mais plus rares en culture du chrysanthème, dans ce cas, traiter
avec des produits à base de Bifenazate, acaricide de contact..
L'importance économique de la culture du chrysanthème, le degré de risque dû à la rouille blanche et
la sévérité des attaques révélées ces deux dernières années dans certaines cultures devraient mobiliser les
efforts et la concertation de toute la filière chrysanthème.
Des stations d'expérimentation font des recherches sur des bio-stimulants capables de stimuler les
défenses naturelles des plantes de chrysanthème contre la rouille blanche, les résultats sont prometteurs mais
ne sont pas encore homologués, cela conduira peut-être à une nouvelle solution pour les années à venir.
Si la culture a été réalisée sous abris, serre, tunnel, etc., il est impératif de désinfecter le ou les locaux
après un nettoyage sévère au nettoyeur à pression, ne pas omettre d'éliminer toutes les plantes invendues
triées et écartées à la vente ainsi que tout déchet de culture.
Désinfection avec des produits encore homologués ce qui devient rare, produits à base d'ammonium
quaternaire à persistance faible, le glutaraldéhyde et l'acide benzoïque ( pour celui-ci, attention aux supports
corrodables).
La plupart des désinfectants tuent les pathogènes, ils sont
fongicides et bactéricides, parfois même algicides, à noter, ce
qui est dommage, la classique eau de Javel est interdite en
usage agricole ainsi que le formol.
Si vous multipliez vos chrysanthèmes vous-même, ne pas
oublier de désinfecter les couteaux et scalpels à l'alcool 70°
pendant minimum 20'' , curieusement, l'alcool supérieur à 70°
ne tue plus les bactéries ?.
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